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vendredi 10 avril 2009

Méfiez vous de votre héritage mental

Les faits divers montrent fréquemment que les adultes violents ont souvent vécus, enfants, dans la violence.
Sans aller jusque-là, une enfance dans un milieu conflictuel, peut, plus tard, être reproduite par une sorte de besoin du conflit. Difficile d'échapper à l'ambiance dans laquelle on a vécu petit. Même si elle nous a rendu malheureux, on s'arrange tout à fait inconsciemment pour la reproduire.

Ma peur de l'abandon due aux absences répétées de ma mère m'a pourtant amenée longtemps à me mettre en situation de me faire littéralement plaquer par mes petits copains ou mes amies. Sans rien y comprendre, et en souffrant terriblement, je rejouais le rôle de “celle qu'on abandonne”. Mon comportement amenait effectivement les gens que j'aimais à me délaisser. C'était comme s'il me fallait revivre et revivre ma situation enfantine.

Le récent livre de Marie Nimier , fille d'un écrivain célèbre (Roger Nimier), illustre bien les forces qui nous gouvernent à notre insu. Lors de sa naissance, son père écrivait à un ami : “Au fait, Nadine (sa femme) a eu une fille hier. J'ai été immédiatement la noyer dans la Seine pour ne plus en entendre parler.” C'était une plaisanterie de mauvais goût, mais tout de même révélatrice de son peu d'amour paternel.

25 ans plus tard, Marie Nimier fit une tentative de suicide en... se jetant dans la Seine. Comme si elle s'était sentie obligée de mettre à exécution la phrase de son père.

La jeune femme se questionne également sur un autre phénomène : l'énorme difficulté qu'elle a eu à obtenir son permis de conduire, son impossibilité de freiner à temps. Or, son père a été tué dans l'accident d'une voiture rapide, à cause d'un coup de frein ayant provoqué un dérapage. Cette “coïncidence” est évidemment troublante.

L'héritage familial est une chose étonnante. Il ne s'agit pas de génétique, mais d'une sorte d'assimilation mentale. De génération en génération, des comportements peuvent se transmettre de manière inconsciente.
Les “psys” spécialisés dans les problèmes familiaux, voient fréquemment des familles où par exemple l'un des enfants (le fils aîné, la sœur cadette, etc.) a le même comportement que celui de la génération précédente et même celle d'avant et encore d'avant.

Dans ma famille paysanne, la benjamine, et seulement elle, se marginalisait par rapport à son milieu d'origine. On voit parfois au sein de certaines familles, l'un des enfants être considéré par les autres comme le raté. Et depuis des lustres, il y en a un qui prend cette place. Et si au départ, il n'avait rien pour être un raté, il le devient réellement.
Sans le savoir, vous reproduisez peut-être le comportement d'un aîné (père, mère, oncle, tante). Bien entendu, cette répétition échappe à votre conscience. Quand le comportement est positif, c'est tant mieux. Hélas ! il ne l'est pas toujours. Et ce n'est qu'en trouvant sa source qu'il devient possible de s'en débarrasser.

Je connais une famille où toutes les femmes, depuis l'arrière-grand-mère, ont épousé un homme séduisant, se révélant peu de temps après être un alcoolique. Après avoir fait son génogramme, la dernière, méfiante, s'est séparée d'un fiancé charmeur, mais qui buvait un peu trop. Elle a ensuite vécu 5 ans avec son actuel mari avant de l'épouser et d'avoir un enfant, sûre alors qu'elle échappait à la malédiction.

Car, en fait, tout ce qui apparaît comme une fatalité n'en est en réalité pas une. À tout âge, on a la possibilité d'infléchir le cours de ce qui paraît être le destin. Il suffit de prendre conscience de ce qui vous appartient vraiment dans votre caractère et de ce qu'inconsciemment vous reprenez de celui de vos aînés.

Pour découvrir quelle attitude vous reproduisez et vous en débarrasser, 2 techniques sont fort utiles.

1re technique : L'introspection

Demandez-vous :
– Est-ce que ce que je fais là vient vraiment de moi ou est-ce que je le fais, poussé par quelque chose que je ne comprends pas.
– Comment étaient ma mère, ma grand-mère (mon père, mon grand-père) lorsque j'étais petite ?
– Qu'est ce qui me déplaisait en elles (ou en eux).
– De quoi ai-je souffert ?
– Ne suis-je pas pareille avec mon mari, mes enfants, mes petits-enfants ?

Essayez de repérer les coïncidences troublantes. Par exemple :

– Un décès mal vécu dans l'enfance peut produire des comportements que rien n'explique.

– Vous pouvez être bloqué dans un domaine, dans lequel l'un de vos parents ou grands-parents avait échoué.

– Mettons que votre père ait fait faillite quand vous étiez petit. Plus tard, vous avez évité tout ce qui avait rapport avec la comptabilité. Et encore maintenant, la gestion de vos comptes vous stresse. En faisant le rapport avec la faillite, vous vous libérerez peut-être d'un grand poids.

– Admettons Madame, que vous fassiez partie d'une lignée d'anxieux. Votre mère hyperprotégée est devenue une mère hyperprotectrice. À votre tour, vous avez surprotégé vos enfants qui eux-mêmes reprennent le système avec les leurs. En prenant conscience de cela, vous pouvez “lâcher” un peu vos enfants adultes, moins vous angoisser à leur sujet. De plus, vous pouvez aussi leur expliquer qu'ils doivent se dégager de votre influence et être moins protecteurs avec leurs descendants.


2è technique : Le génogramme

C'est une technique à la fois instructive et amusante qui permet d'élargir les comportements reproducteurs à toute la lignée familiale.

• Tracez votre arbre généalogique en remontant, si possible à 3 générations (de vous-même à vos grands-parents paternels et maternels) et pour chacune des lignées maternelles et paternelles, inscrivez tous les collatéraux, du moins ceux dont vous avez gardé le souvenir (du grand-oncle à la petite cousine).

• Sur le schéma, indiquez, si vous le pouvez, les noms, prénoms, date de naissance, de mariage, de décès ainsi que leur cause, les catégories socioprofessionnelles, les lieux d'habitation.

• À chaque personne inscrite, donnez 5 qualificatifs la décrivant (ce que vous pensez ou vous souvenez d'elle ou ce que vous en avez entendu dire). Il s'agit en fait de donner le plus d'informations possibles sur ces personnes.

• Essayez également de vous rappeler les liens existants entre toutes ces membres (clans formés, conflits, ruptures, exclusions, etc.). Y a-t-il eu des divorces, des remariages ?

Écrire noir sur blanc l'histoire familiale prend un sens. Confrontés les uns aux autres, les événements, les dates parlent. Il est édifiant, par exemple, de retrouver chez plusieurs membres de la famille, une même tendance à l'instabilité, ou à la dépression, des choix amoureux identiques, des mariages ratés, un célibat prolongé, des comportements destructeurs, des réussites éclatantes suivies d'échecs, etc.

L'intérêt du génogramme est d'essayer de retrouver chez vos ascendants vos propres caractéristiques. Les hésitations, les ratures, les émotions inexpliquées sont des indices à prendre en compte. Ils signalent que quelque chose vous dérange, quelque chose que vous ne pouvez ou ne voulez pas voir. Il s'agit souvent d'un comportement que vous répétez inconsciemment, générateur de soucis.

Le génogramme peut vous aider à progresser dans la connaissance de vous-même, à comprendre que tel ou tel comportement est hérité. À partir de là, il vous sera mieux possible de modifier votre façon d'être.

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Comment font ceux qui n'ont pas de problèmes avec leur estime d'eux-mêmes ?

Danielle est une petite bonne femme de 62 ans, un peu trop ronde, aux traits assez ingrats, n'ayant pour tout bagage scolaire qu'un certificat d'études, mariée à un plombier maintenant à la retraite et vivant dans une modeste maison en province. Apparemment, elle n'a rien pour briller et pourtant elle dégage une telle aisance qu'elle irradie.

Inscrite dans plusieurs associations, elle a l'occasion de fréquenter des personnes de tous milieux. Croyez-vous qu'elle soit gênée de discuter par exemple avec des notables archi-diplômés ? Pas du tout. Elle est aussi à l'aise avec eux qu'avec ses autres connaissances.

Son secret ? Ne pas se casser la tête pour ses incompétences. Quand elle ne comprend pas, elle n'hésite pas à révéler son ignorance en posant des questions. Quand, manifestement, elle dit une bêtise, elle s'esclaffe en proclamant qu'avec son “Certif”, elle ne peut pas tout savoir.

Si elle invite des amis, elle prévient qu'elle n'est pas une excellente cuisinière et qu'ils devront faire avec. Quand on lui montre qu'elle a commis une erreur quelconque, elle le reconnaît sans se vexer. Elle sait tellement être nature, sans chichis et sans honte qu'on ne peut que lui pardonner.

Un échec ne lui laisse qu'un petit goût amer qu'elle surmonte très vite. Et la voilà repartie affirmant sans se démonter : “Il n'y a que ceux qui ne font rien qui n'échouent pas.” Son physique ne la tracasse pas plus. “Je suis une petite boulotte, affirme-t-elle en riant, et alors, il faut de tout pour faire un monde. J'ai plu à mon mari et je lui plais toujours. Et regardez, c'est un bel homme !”

Inutile de vous dire que Danielle est très entourée. Pourtant, elle n'hésite pas à dire aux autres ce qu'elle pense d'eux. Mais sa franchise plaît. En fait, tout en elle attire la sympathie.

Heureux les gens qui traversent la vie sans se tracasser sur leur valeur. Au lieu de raisonner à partir de leurs échecs, de leurs limites, ils raisonnent à partir de leurs succès, de leurs points forts.

Si Danielle était nulle à l'école, elle a très vite constaté qu'elle savait se faire apprécier par ses mimiques, son humour, sa spontanéité. Elle a utilisé cette qualité pour s'insérer dans la vie sociale. Elle a pris le risque de côtoyer des gens importants et a vite vaincu son handicap intellectuel, se rendant compte que même sans études, elle était intelligente. Avec sa drôlerie, elle a également contourné le handicap physique, choisissant le naturel pour plaire – ce qui lui a réussi.
S'aimer tel qu'on est, rend la vie et les relations plus faciles.

Mais attention ! Cela n'implique pas de se complaire dans ses défauts. Les reconnaître sans en faire un plat est une chose, ne pas chercher à s'améliorer une autre. Paradoxalement, plus on s'estime plus on cherche à progresser. En fait, ceci est normal. Quand on est capable de pointer ses failles sans s'effondrer, on est aussi capable de chercher à s'améliorer. Notamment sur les points essentiels. Danielle qui était un peu soupe au lait a réussi à dominer ce travers, car il nuisait à son couple.

Il ne faut pas confondre la personnalité de Danielle avec celle des gens qui ont une trop haute opinion d'eux-mêmes. Bardés de certitudes, se prenant pour des êtres supérieurs, ils peuvent irriter leur entourage. Si eux-mêmes ne souffrent pas, ils ont des attitudes, notamment la condescendance, blessante pour ceux qu'ils côtoient.

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Pourquoi ne pas s'aimer fait souffrir et cause des soucis?

Le moindre reproche vous atteint en plein cœur. Vous sentant attaqué à l'intérieur de vous-même, vous plongez dans des abîmes de perplexité, de désarroi. Ou de colère. En tous cas des sentiments qui ne font pas de bien à votre santé. Car en sapant votre moral, ils affaiblissent les défenses de votre organisme, “Petites ou grandes, écrit la psychanalyste Claude Halmos,les blessures narcissiques nous guettent à chaque coin de notre vie.

Si l'on a, dans son enfance, acquis le sentiment de sa valeur, on est à même de relativiser les échecs, ils restent douloureux mais ne sont pas destructeurs. En revanche, si l'on a été, dès son plus jeune âge, privé de ce capital narcissique, chaque rencontre avec l'autre devient prétexte à une difficile autoévaluation : “Est-ce que je vaux quelque chose ?” Test piégé d'avance, car qui se pose ainsi la question a déjà au fond de lui la réponse : “Je ne vaux rien ou... pas grand-chose.”

Quoique peu présent à votre conscience, votre souci primordial est alors de vous protéger des attaques contre votre image.

Attaques venant raviver votre ressenti. Sur le plan physique, même les top models n'échappent pas à ces blessures. Ancien mannequin célèbre, glorifiée dans les années 1990, Inès de la Fressange avoue mal supporter encore les réflexions du genre...
“Ben ! t'as pas grossi toi...”.

Le manque d'estime de soi peut porter sur tel ou tel aspect de la personne. Selon son vécu, elle sera gênée par ce qui a rapport à son physique, ou à ses capacités. Certains seront à l'aise dans un milieu social et pas dans un autre. D'autres peuvent croire en eux dans le cadre de leur profession, mais être paralysé dans le domaine privé. Tous ceux-là ne pâtiront que par intermittence de leur mauvaise image. Et se rattraperont sur les points où elle reste bonne.

Plus grave est la situation de ceux dont l'image est tellement altérée qu'ils souffrent en permanence. Le moindre défaut les amène à se sentir globalement dévalorisés. Ils ont raté quelque chose ? Ils s'effondrent ou deviennent littéralement malades. Là où quelqu'un qui s'estime pensera “bon, je ne suis pas fort en ce domaine, ce n'est pas grave”, l'autocritique de celui qui ne s'aime pas portera sur l'ensemble de sa personnalité.

Le manque d'estime de soi peut mener à la dépression ou tout au moins à une humeur en dents de scie. Il n'est guère possible d'être intrinsèquement en paix quand on doute trop de sa valeur. Et plus on en doute, plus on se sent indigne des bienfaits de la vie. L'une des conséquences de cet état est la punition infligée à soi-même. Puisqu'on ne vaut rien, on n'a pas droit aux petits bonheurs si essentiels. De là viennent les conduites étonnantes de ceux qui, inconsciemment, s'interdisent d'être heureux.

Sandra s'arrange pour louper tout ce qui pourrait lui faire plaisir. Doit-elle partir un week-end “en amoureux” avec son mari, elle tombe malade le jour du départ. Le lendemain elle est en pleine forme, mais c'est trop tard.
L'invite-t-on au restaurant, elle n'a pas faim et laisse son assiette pleine... mais se gave de raviolis en boîte une fois rentrée chez elle. Qu'on lui propose de lui rendre un service, elle répond “mais non, ce n'est pas la peine”... et s'en mord ensuite les doigts.

“Je ne sais pas comment”, raconte-t-elle, mais je suis devenue “celle qui se contente de peu”. Aussi pour mon anniversaire, ma famille ne m'offre que des bricoles sans valeur. Et le pire est que je m'en satisfais. Je trouverais anormal de recevoir des cadeaux de prix. J'ai l'impression de ne pas les valoir.”

Dans les cas extrêmes, le manque d'estime de soi mène à ne plus se respecter. On néglige son apparence, on ne prend pas soin de sa santé. On se laisse maltraiter sans protester. On juge normal d'obéir, de céder, voire d'être bafoué. Cela peut faire très mal. On supporte, la mort dans l'âme, en rongeant son frein. Et souvent, n'en pouvant plus, on éclate au mauvais moment. Tout au fond de soi, le petit discours est “je ne mérite pas mieux”.

Certains même en arrivent à douter d'avoir droit à l'existence. Naturellement ce sont des cas rares. Mais les comportements de dépendance (drogue,alcoolisme, boulimie) sont souvent la conséquence d'une image trop négative de soi-même.

Plus fréquents sont ceux chez qui la mésestime entraîne de fortes inhibitions. L'action est la voie royale pour se sortir des problèmes. Le hic c'est que lorsqu'on ne s'estime pas, on manque de confiance en soi et par conséquent on n'agit pas. Le plus petit échec entraîne trop d'émotions douloureuses. De l'humiliation au sentiment d'être coupable, le refrain reste toujours : “c'est de ma faute”.

Contrairement à ceux qui en veulent au monde entier, on en veut surtout à soi-même. Pour ne pas risquer un tel désastre, on limite au maximum ses entreprises.

Si vous ressentez un petit pincement au cœur dès qu'il vous faut affronter quelque chose ou quelqu'un, vous ne croyez sans doute pas suffisamment en vous. Or, plus vous doutez de vous, plus vous avez des difficultés à vous prendre en main.

L'idée de faire face vous tétanise. Et les soucis s'accumulent. Ou bien, n'ayant pas confiance en votre jugement, vous tergiversez pendant des heures et finissez par vous en remettre à l'avis des autres. Par exemple, vous voulez acheter

un vêtement. Dans le magasin un grand choix se présente et il vous faut prendre une décision entre plusieurs modèles.

Tentations, essayages, hésitations. Par peur de vous tromper, vous n'arrivez pas à vous décider. Au bout du compte vous repartez sans rien ou avec ce que la vendeuse vous a conseillé, horriblement cher et que vous ne mettrez même pas.

Et vous êtes furieux, mécontent de vous. Que dire alors, quand l'enjeu des prises de décisions est plus important ! Quand, n'osant rien entreprendre, vous vous fiez aveuglément à ceux qui paraissent sûrs d'eux. Hélas ! leurs conseils ne sont pas forcément fiables. “Il suffisait, raconte Bernard, que quelqu'un me dise “je t'assure, tu devrais faire cela” pour que, soulagé de ne pas avoir à m'assumer, je le fasse. Après je me rendais compte que c'était une erreur et il fallait réparer les dégâts.
J'ai beaucoup moins de soucis depuis que j'ai décidé que j'étais autant capable que les autres d'avoir une réflexion intelligente. Je me fie d'abord à moi-même.”

Mais pour certains, se fier à soi-même, est au contraire très pénalisant. Car ils se référent non à leurs capacités réelles, mais à l'image élevée qu'ils poursuivent. Une image irréaliste, trop exigeante, tyrannique, que les psychanalystes nomment le “moi idéal”. Elle se résume en un ordre “je dois”.

Comme petit, je devais satisfaire mes parents, je dois maintenant, pour m'estimer, être à la hauteur de mes attentes excessives. Et en s'épuisant à atteindre l'inaccessible, notre idéaliste rend impossible ce qui serait réalisable. Il fonctionne en “tout ou rien”, oscillant entre ses idées grandioses, son perfectionnisme, et le découragement qui l'amène à se dévaloriser totalement. Son image de lui est en perpétuelle dégringolade et il souffre énormément.

Sur le plan affectif et relationnel, le manque d'estime de soi est aussi source de tourment. La quête effrénée d'amour ou d'amitié est fréquente chez ceux qui ne s'aiment pas.

Quelqu'un va-t-il réussir à me prouver que je suis aimable ? Quête pratiquement toujours vouée à l'échec, car personne, à part soi-même, ne parvient à restaurer une image de soi négative.

Vous restez persuadé que le regard porté sur vous ne peut être que critique. À tel point que les compliments vous gênent.

Soit vous les croyez mensongers (il dit ça pour me flatter, il attend sûrement quelque chose de moi), soit ils vous apparaissent comme faux (il va vite s'apercevoir qu'il se trompe).

Pour vous rassurer un minimum, il faudrait en faire des tonnes. Les âmes les plus charitables finissent par se lasser.

Et ce besoin permanent de réassurance est à la source de bien des crises (disputes, séparations, etc.).

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Comment effacer vos pensées négatives de votre mental et les empêcher de nuire à votre santé?

Contemporain de Freud, le Dr Vittoz a élaboré une méthode destinée à rééduquer le contenu du cerveau, en le contrôlant.

Cette méthode comprend notamment des exercices ayant pour effet final d'éliminer les pensées négatives. Dans son livre, Christian Godefroy a repris ceux-ci en les complétant par d'autres élaborés par le Dr Bruston (dans De la méthode du Dr Vittoz à la psychologie des profondeurs, EPI, 1975).
Ces exercices, quoiqu'un peu déconcertants au départ, sont d'une simplicité enfantine. Pourtant, sans y paraître, ils vous aideront considérablement. Pour un résultat optimum, il faut absolument les pratiquer dans l'ordre.

Les applications pratiques de la méthode Vittoz:

Avant de commencer, reprenez la liste de vos problèmes et recherchez un mot qualifiant le sentiment négatif ressenti à propos de chacun. Cela peut être : peur, colère, échec, fatigue, tristesse, jalousie, haine, ressentiment, malchance, désarroi, déprime, crispation, conflit, tension, etc. Notez ces mots-clés.

Laissez-les de côté pour le moment et démarrez les exercices.

Éliminez des objets:
Sur une table vide, posez 3 objets. Observez-les attentivement, puis fermez les yeux et revoyez mentalement ces objets posés sur la table. Ensuite, enlevez un des objets.

Regardez le vide qu'il laisse, puis, les yeux fermés, ressuscitez l'image nouvelle, un objet en moins. Enlevez en encore un et ainsi de suite. Répétez cet exercice jusqu'à ce que mentalement vous voyiez exactement l'image réelle, avec 3, 2, 1 objet et plus du tout.

Élimination mentale des objets:
Reprenez l'exercice, mais en laissant les objets à leur place.
Fermez les yeux, pensez que vous les enlevez un à un et voyez-les mentalement disparaître. Restez un moment sur la phase finale : en imagination, la table est vide.

Élimination de chiffres:
Yeux fermés, dessinez 3 chiffres sur votre écran mental, par exemple 3-2-1. Puis éliminez-en un (vous n'en voyez plus que deux), un second, et le dernier.

Élimination d'un graphique:
Visualisez mentalement une figure (par exemple un carré), puis éliminez ses éléments un par un (trait à droite, trait en bas, etc.).

Élimination des lettres:
Visualisez une série de lettres (environ 5 ou 6, n'importe lesquelles), puis éliminez-les une par une en commençant d'abord par la dernière jusqu'à ce qu'il n'y en n'ait plus aucune. Puis revoyez-les et changer l'ordre d'élimination.

Élimination des mots:
Prenez un mot sans signification profonde. Par exemple : New York, chien, vache, table, etc. Inscrivez-le sur votre écran mental, puis éliminez-le, lettre après lettre, en commençant par la fin.

Élimination de mots antagonistes:
Choisissez 2 mots opposés : froid et chaud, guerre et paix, sombre et clair, bruit et silence, stress et relaxation.

Éliminez un seul des mots. Vous n'en visualisez plus qu'un.
Gardez de préférence celui qui vous convient le mieux.
Regardez maintenant votre liste de mots significatifs, de mots symboles de vos soucis. Prenez-en un puis fermez les yeux et visualisez le. Ensuite, effacez-le, lettre après lettre jusqu'à ce qu'il ait complètement disparu (vous pouvez répétez l'exercice avec des mots différents).

Chiffres décroissants (variante du Dr Bruston):
Il s'agit d'une suite de chiffres 1 écrits de plus en plus petits. Au fur et à mesure que vous écrivez dans votre tête un 1, effacez le précédent. Le dernier doit être minuscule, à peine visible. Et, à la fin, vous ne voyez plus rien.

Mariage symbole et chiffres décroissants:
Toujours proposé par le Dr Bruston. Ajoutez un chiffre 1 au mot-clé. Au fur et à mesure que vous diminuez la taille du chiffre, le mot diminue aussi, jusqu'à disparaître.

Enfin la phase finale :
Écrivez dans votre tête le mot-clé, éliminez le par l'un des moyens ci-dessus, puis remplacez-le par un mot opposé (par exemple haine remplacé par amour, peur par courage, ressentiment par pardon, tension par détente, tristesse par joie, jalousie par confiance, désarroi par sérénité, etc.)

Voyez bien ce mot écrit en toutes lettres.

Quand vous aurez pratiqué un certain nombre de fois ces exercices, vous pourrez, chaque soir, revoir les incidents, agressions, émotions ayant eu sur vous un impact négatif. Les écrire sur votre tableau mental et les effacer lettre après lettre tout en ressentant que le sentiment pénible s'estompe.

Lorsque son image a disparu, vous laissez venir un mot de reconstruction, vous l'écrivez mentalement et vous vous en imprégnez.

Si vous n'y arrivez pas, reprenez la série d'exercices.

Louis, praticien Vittoz, propose aussi quelques variantes:

– Imaginez un bateau dans un port (ou un avion dans un aéroport). Voyez-le avec tous ses détails. Puis visualisez-le s'éloignant doucement. Arrêtez quand vous ne voyez plus rien.

– Posez maintenant dans le bateau ou l'avion, votre mot symbole de problème. Et laissez-le s'éloigner sur l'eau ou dans les airs. Il disparaît en même temps que le bateau ou l'avion.

– Vous pouvez aussi vous imaginer dans un premier temps, tenant dans la main un sac de son. Vous l'éloignez de vous et vous le projetez sur le sol. Dans un second temps, vous déposez (toujours mentalement) dans le sac de son, l'idée qui vous gêne et vous vous voyez jetant le tout sans hésitation.

Ces exercices ont été conçus pour mobiliser la volonté et apprendre au cerveau à pratiquer l'oubli volontaire. Les images que vous évacuez ne sont plus chargées d'émotion. Elles perdent leur venin et deviennent neutres.

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